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29/01/2010

Blutch, le 10ème art

IMG_0089.JPGVisite de l'exposition Blutch, dédiée au Président du Festival cette année. Une exposition pour laquelle il a eu carte blanche, tant au niveau du choix des originaux que de l'accrochage. Et le parti pris est là : dès l'entrée un texte d'introduction de l'auteur précise qu'on n'y trouvera pas de planches de BD. En plein Festival d'Angoulême c'est osé. Blutch, qui ne se revendique pas plasticien et n'a pas envisagé une seconde une logique de rétrospective propose au contraire des "dessins hors case", des explorations, fruit de ses recherches, de ses questionnements. Pas de plus de cartels explicatifs (date, technique) que de planches. Pas d'histoire, pas de logique chronologique. Selon les termes de l'auteur même, cet accrochage un peu sauvage est une expérience scientifique, pour voir si ces dessins "tiennent debout tout seul".

Alors forcément, le premier a priori est d'être méfiant. Fausse modestie mal placée d'un scribouilleur se prenant pour un grand artiste ? En un sens oui. Mais la méfiance est injustifiée, et force est de constater qu'au regard du talent, la démarche est sincère. On peut le rassurer : non seulement ses dessins "tiennent debout", mais j'ai même entendu des visiteurs dirent qu'ils ne feraient pas tâche à Beaubourg.

AutBlutch2_02022008_005411.jpgBlutch nous livre ici une visite assez fascinante, loin des canons de la BD, lui qui a toujours dénoncé "Le piège de la facilité". Blutch est un cas unique, ou presque. De ces (très rares) dessinateurs qui se réinventent à chaque livre, et qui explorent des mondes intérieurs. La dimension très psychanalitique des dessins en est la preuve. Ce qui lui plait, c'est le mystère et la liberté. La BD trop explicite l'ennuie. Et tant pis s'il n'est pas "bankable", et n'a vendu au maximum que 10 000 exemplaires de ses meilleurs albums (exception faite de la suite du Petit Christian, primée l'an passé) . De toute façon les éditeurs le courtisent, alors que de ses propres termes : "je suis un mauvais coup".

 

03:04 Publié dans expos | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : blutch

28/01/2010

Le dessin qui fâche

Tous les dimanches de janvier, le journal 20 Minutes a invité un dessinateur à la rédaction pour qu’il fasse un dessin en réaction à l’actualité. Le 10 janvier, Nix réalisait ainsi une planche en lien avec un fait divers: le décès d’un lycéen poignardé à l’école par un camarade. La direction de la rédaction a décidé de ne pas publier le dessin ce jour-là. Nous vous le montrons aujourd’hui et ouvrons le débat.

Image 1.png

Pourquoi? Certains journalistes jugeaient que, étant donné la proximité de l’événement, le dessin pouvait choquer les lecteurs, ou même la famille du lycéen décédé. «Le fil rouge c’est d’abord l’humour, et non pas la provocation, se défend Nix. Ça m’a énormément surpris que ce dessin soit refusé. Mais c’est vrai que certains sujets comme le sexe, la religion ou le suicide restent délicats dans le large spectre de l’humour.»

Comment? «La censure est un risque pour le dessinateur de presse, comme un pneu éclaté l’est pour un camionneur. C’est bien ennuyant et ça surprend toujours», philosophe Nix. Le dessinateur belge, habitué à travailler avec la presse, estime que depuis l’affaire des caricatures de Mahomet, les journaux européens sont frileux en matière d’humour. Nix analyse tout ça avec le sourire: «Tout seul, debout sur ma table de dessin avec le poing levé, je dis: “La censure n’est jamais acceptable!” Mais en face d’un grand nombre de musulmans en colère, je dirais : “Le bon sens doit toujours prendre le dessus…”»

Et vous? Est-ce que ce dessin vous choque? Pensez-vous que les dessins d’humour ont leur place dans un quotidien d’actualité? Dites-le nous ci dessous dans les commentaires...

Angouleme : suivez le guide

J- avant le Festival. Petit survol du programme des hostilités...

Les rencontres avec les auteurs.

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L'occasion de voir en chair et en os des auteurs et de les entendre pendant une heure et demi parler de leur travail. Cette année, s'il ne fallait en garder qu'une, ce sera sans doute Sempé. L'autre papa du Petit Nicolas vous reçoit au Bâtiment Castro, 121 rue de Bordeaux, salle Nemo, ce jeudi à 15 heures. L'autre rencontre à ne pas rater : Bilal, au même endroit, samedi à 18 heures.

Les expositions

AutBlutch2_02022008_005411.jpgImpossible de ne pas aller voir l'exposition Blutch (Place Henri Dunant par le 21, rue d’Arcole). On attend beaucoup du virtuose Président du Festival, après son affiche assez moyenne. Mais nul doute que le Mozart de la BD française va mettre tout le monde d'accord sur son talent de dessinateur...  En profiter pour passer une tête au même endroit à l'exposition sur l'histoire du Dessin d’humour, du XIXeme siècle à nos jours.

Les nostalgiques de Pilote iront voir l'exposition Léonard, qui salue 35 ans de trouvailles géniales et d'humiliation de disciple par Turk et  De Groot. Ceux qui préfèrent les nuages magiques et les Tortues géniales iront baver devant l'expo One Piece, au Manga Building, Espace Franquin. Pour le reste vous passerez forcément depuis l'expo à ciel ouvert dédiée aux Tuniques Bleues. A l'heure actuelle, on ne sait toujours pas si l'homonymie entre le Sergent Blutch et le Président du festival a eu une incidence sur le choix de cette exposition...

blutch10.jpg

Enfin, toujours sympa, allez jeter un oeil à l'Exposition Jeunes Talents, au Pavillon Jeunes Talents, Square des Villes Jumelées. Toujours l'occasion de se dire que les petits gars poussent derrière, et souvent avec beaucoup de talent.

Côté scène

le spectacle vivant prend une place et une ampleur chaque année plus importante, notamment au niveau de la programmation. On regrette juste qu'il y ait un surcoût de 8 euros pour chaque spectacle, comme si le pass était donné...

Sur la scène du Théâtre d’Angoulême, tous les jours à 14 heures, ont lieu les concerts de dessin. En public, des dessinateurs mettent en images une histoire inédite scénarisée par Zep, sur une musique rock d'Areski Belkacem. Aux pinceaux cette année, un joli plateau avec notamment Tripp, le petit gars qui monte : Bastien Vivès, ou encore Stan & Vince et Zep.

Spectacle le plus attendu, celui de Blutch (le Président, pas le sergent...) qui oeuvrera seul aux crayons, fusains, pinceaux, sur les chansons d’Irène et Francis Jacob. RV samedi 30 à 21 heures au Théâtre de la Ville, muni tout de même de 22 euros. Autre temps fort : Cinémonstre : Enki Bilal en live autour d'un montage vidéo expérimental de ses trois longs métrages de cinéma, accompagné d'une impro sonore de Goran Vejvoda, auteur de la musique desdits films. Ca peut être bien perché...

Les bulles

Les fondus de dédicaces passeront les heures qui restent assis par terre en attendant le graal de leurs auteurs chouchous. Les jeunes auteurs iront se faire démolir ou encenser par les directeurs de collection, qui reçoivent des heures durant les porteurs de projets sur un coin de stand, les collectionneurs ou les simples acheteurs se chargeront les bras d'albums, dédicacés ou pas (une dédicace de Zep peut valoir plusieurs heures de queue...). Les bulles, c'est le vrai Festival d'Angoulême. Soleil, Dargaud, Dupuis, Futuropolis, La pastèque, Glénat, Le Lombard... L'occasion unique de se ballader dans la plus grande librairie BD de France, de croiser des auteurs, d'écouter des conférences, et de voir des enfants galoper avec des chapeaux de Spirou ou des oreilles de Boule offerts par la maison Dupuis, qui y va tous les ans de sa petite trouvaille.

La compétition

Qui dit festival dit récompenses. Avant la céréomnie de remise de Fauves, tous les albums en compétition sont consultables dans L’espace de la Sélection Officielle Fnac / SNCF, Place Saint-Martial. Cette année une animation inédite organisée pour la première fois permettra de recruter trois personnes du public, qui feront partie du jury de sept membres chargé de désigner, dimanche 31, l’album lauréat du prix du public : le Fauve Fnac-SNCF. Pour cela il faudra battre tout le monde à un grand quizz BD. Avis aux amateurs.

Bon festival donc, ne bullez pas trop si vous voulez tout faire...

 

Julo

00:50 Publié dans rencontre | Lien permanent | Commentaires (0)

21/01/2010

Votre mobile fait des bulles

La bande-dessinée n'échappe pas aux nouveaux supports multimedia, iphone en tête (3 mobiles sur 4 vendu à Noël, près de 2 millions d'exemplaires en circulation en France).

IMG_0076.PNGAlors que se multiplient les expériences pour proposer de nouveaux modes de lecture de la BD via les outils numériques (voir les recherches en la matière de Scott Mc Cloud, ou plus proche de nous ce que propose en la matière l'éditeur Ave Comics), le FIBD prend cette année le virage numérique, et propose une application iphone certes éphémère, mais gratuite.

Assez simple d'approche, elle permet à l'iphoneur de visionner l'ensemble de BD de la sélection officielle, après un court téléchargement, et de voter pour les différents albums dans le cadre du prix « Essentiel Fnac/sncf ».

cette application, réalisée par (justement) Ave Comics, sera sans doute pour la plupart des fans de BD la première expérience de lecture sur mobile. Une expérience de lecture qui se situe à mi-chemin entre la bonne vieille BD imprimée et le film d'animation. Chaque case est en effet numérisée et intégrée à une cinématique. le lecteur a le choix de la lire comme un film (effets de mise en scène compris...), ou de maitriser le défilement des images, qui lui obéissent au doigt et à l'oeil.

 

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L'ensemble, bien qu'assez basique (comme on pouvait s'y attendre, seules les premières pages de chaque album sont consultables), est de bonne facture. La qualité de numérisation et les cinématiques sont impeccables. La navigation est encore un peu perfectible (pas de passage en mode paysage) mais est confortable, suffisament pour qu'on soit frustré de ne pas pouvoir continuer la lecture jusqu'au bout. Côté performances, pas de surprise, il vaut mieux être en wifi chez soi que dans un métro ou au fond de la Creuse, car en edge, le téléchargement peut durer le temps de votre trajet. En wifi en revanche, c'est parfait. Dommage qu'il n'y ait pas de mode "hors connexion" (à la différence de l'application 20minutes.fr NDLR). On regrettera également que l'application se limite à présenter la sélection officielle, et ne propose pas le kit de survie du festivalier (plan du festival avec géolocalisation, programme... ). L'année prochaine sans doute ?

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Au final une application sympathique, qui propose une bonne première expérience de lecture de BD sur mobile, de toute façon gratuite, et qui se télécharge ici.

 

 

30/12/2009

Angouleme 2010 : la sélection oficielle

J moins un mois avant la nouvelle édition du Festival d'Angoulême, présidé cette année par Blutch, dont nous avions ici même, faut-il le rappeler, prédit la victoire (La preuve ici !).

Voici la sélection officielle, qui comme toute sélection officielle fait débat, notamment parce qu'elle laisse un peu sur le carreau (et pour la seconde année consécutive) la maison Glénat...

A vous de jouer ; vous avez un mois pour tout lire et vous faire une opinion... En attendant, ma préférence pour l'instant va à l'affaire des affaires, La guerre d'Alan, le magasin général (même si Loisel n'est pas prêt de recevoir de nouveau un prix vu le souvenir qu'il a laissé en tant que président..), et Lincoln

LA SÉLECTION OFFICIELLE

- L’Affaire des affaires T1 (Laurent Astier, Yan Lindingre, Denis Robert – Dargaud)

- Allegro Deprimoso (Romain Dutreix – Fluide Glacial)

- Alpha (Jens Harder – Actes Sud/ L’An 2)

- L’Ancien Temps T1 (Joann Sfar – Gallimard)

- Au Rallye (Pierre Place – Warum)

- Aujourd’hui n’existe pas (Ancco – Cornélius)

- Billy Brouillard T1 (Guillaume Bianco – Soleil)

- Blast T1 (Manu Larcenet – Dargaud)

- Blessure d’amour propre (Martin Veyron – Dargaud)

- Britten et associé (Hannah Berry – Casterman)

- Commandant Achab T1 (Stéphane Douay et Stéphane Piatzsek – Quadrants)

- Dix petits insectes (Vincent Pianina et Davide Cali – Sarbacane)

- Droit du sol (Charles Masson – Casterman)

- Dungeon Quest T1 (Joe Daly – L’Association)

- Eightball (Daniel Clowes – Cornélius)

- Les Enfants du Capitaine Grant T1 (Alexis Nesme d’après Jules Verne – Delcourt)

- L’Épervier T7 (Patrice Pellerin – Quadrants)

- La Genèse (Robert Crumb – Denoël Graphic)

- George Sprott 1894-1975 (Seth – Delcourt)

- La Guerre d’Alan – Intégrale (Emmanuel Guibert – L’Association)

- Hector Umbra – Intégrale (Uli Oesterle – Akileos)

- L’Homme Bonsaï (Fred Bernard – Delcourt)

- Ida T1 (Chloé Cruchaudet – Delcourt)

- Ikigami, Préavis de mort (Mase Motoro – Asuka)

- Il était une fois en France T3 (Sylvain Vallée et Fabien Nury – Glénat)

- L’Île au poulailler T1 (Laureline Mattiussi – Treize étrange)

- James Bond, les origines : Silverfin (Kev Walker et Charlie Higson – Casterman)

- Je mourrai pas gibier (Alfred – Delcourt)

- Je ne suis pas mort (Hiroshi Motomiya – Delcourt)

- Jérome K. Jérome Bloche T21 (Alain Dodier – Dupuis)

- La Jeune Fille et le nègre T2 (Judith Vanistendael – Actes Sud/L’An 2)

- Jolies Ténèbres (Kerascoët et Fabien Vehlmann – Dupuis)

- Keko le magicien (Carlos Nine – Rackham)

- Kinky et Cosy – Intégrale (Nix – Le Lombard)

- Lincoln T6 (Jérôme Jouvray et Olivier Jouvray – Paquet)

- Magasin général T5 (Régis Loisel et Jean-Louis Tripp – Casterman)

- Manioka (NkodeM – Casterman)

- Messire Guillaume – Intégrale 1 (Matthieu Bonhomme et Gwen de Bonneval – Dupuis)

- Milan K. T1 (Corentin et Sam Timel – Les Humanoïdes associés)

- Misery loves comedy (Ivan Brunetti – Cambourakis)

- L’Or et le sang T1 (Merwan Chabane, Fabien Bedouel, Maurin Defrance et Fabien Nury – 12Bis)

- Pachyderme (Frederik Peeters – Gallimard)

- Pascal Brutal T3 (Riad Sattouf – Fluide Glacial)

- Paul T6 (Michel Rabagliati – La Pastèque)

- Le Petit Rien tout neuf avec un ventre jaune (Pascal Rabaté – Futuropolis)

- Primal Zone (Pierre-Yves Gabrion – Delcourt)

- La Princesse du sang T1 ( Jean-Patrick Manchette, Max Cabanes et Doug Headline – Dupuis)

- Rébétiko (David Prudhomme – Futuropolis)

- Le Réveil du Zelphire (Karim Friha – Gallimard)

- Rosalie Blum T3 (Camille Jourdy – Actes Sud)

- La Saison des flèches (Samuel Stento et Guillaume Trouillard – La Cerise)

- Siegfried T2 (Alex Alice – Dargaud)

- Le Signe de la Lune (José Luis Munuera et Enrique Bonnet – Dargaud)

- Tea Party (Nancy Peña – La Boîte à bulles)

- Une histoire populaire de l’Empire américain (Mike Konopacki et Howard Zinn – Vertige Graphic)

- Une vie chinoise T1 (Li Kunwu et P. Ôtié – Kana)

- Le Vagabond de Tokyo : Résidence Dukudami (Fukutani Takashi – Le Lézard noir)

- La Vierge froide et autres racontars (Hervé Tanquerelle et Gwen de Bonneval – Sarbacane)

LA SÉLECTION PATRIMOINE

- American Splendor – Anthologie 1 (Harvey Pekar et collectif de dessinateurs – Çà et là)

- Cyber 009 (Shotaro Ishinomori – Glénat)

- L’Éternaute (Hector G. Oesterheld et Francisco Solano Lopez – Vertige Graphic)

- Gil Jourdan – Intégrale 1 (Maurice Tillieux- Dupuis)

- Le Grand Duduche – Intégrale (Cabu – Vents d’Ouest)

- Josette de rechange (Charlie Schlingo – L’Association)

- Paracuellos (Carlos Gimenez – Fluide Glacial)

- Sarutobi (Osamu Tezuka – Cornélius)

LA SÉLECTION JEUNESSE

- Astro Boy – Anthologie 2 (Osamu Tezuka – Kana)

- Bjorn le morphir T1 (Thomas Gilbert et Thomas Lavachery – Casterman/L’École des loisirs)

- Celle que je voudrais être (Vanyda – Dargaud)

- Les Chroniques de Wakfu T1 (Tot et Collectif – Ankama)

- L’Élève Ducobu T15 (Godi et Zidrou – Le Lombard)

- Ernest et Rebecca T2 (Antonello Danella et Guillaume Bianco – Le Lombard)

- Esteban T3 (Mathieu Bonhomme – Dupuis)

- Fairy Tail T9 (Hiro Mashima – Pika)

- Johan et Pirlouit – Intégrale 4 (Peyo – Dupuis)

- Les Légendaires T11 (Patrick Sobral – Delcourt)

- Lou T5 (Julien Neel – Glénat)

- Les Nombrils T4 (Delaf et Dubuc – Dupuis)

- Pico Bogue T3 (Alexis Dormal et Dominique Roques – Dargaud)

- Raghnarok T6 ([Boulet – Glénat)

- Le Royaume T1 (Benoît Feroumont – Dupuis)

- Seuls T4 (Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann – Dupuis)

- La Sorcière du placard aux balais (Florence Dupré la Tour, d’après Pierre Gripari – Gallimard)

- Les Souvenirs de Mamette T1 (Nob – Glénat)

- Spirou et Fantasio – Intégrale 7 (Franquin – Dupuis)

- Une sacrée mamie T2 (Saburô Ishikawa et Yôshichi Shimada – Delcourt)

(source : actuabd)

03/02/2009

«L’endroit où l’on peut être le plus relax possible»

Bastien Vivès, 24 ans «mais 25 ans en février!», a reçu dimanche le prix Essentiel Révélation au festival d’Angoulême pour «Le goût du chlore». Dans cette bande dessinée à la narration coulée, un adolescent rencontre une fille. Ou plutôt une image de fille, qui le submerge et lui échappe dans ses longueurs de bassin…

vives.jpgTentons un jeu de mot hasardeux. Dans «Le goût du chlore», le lecteur est comme en apnée dans l’histoire. C’était le but?

C’est un huis clos, dans ce monde particulier qu’est la piscine, l’élément aquatique. L’endroit où l’on peut être le plus relax possible. Oui, cela fait immédiatement penser au ventre maternel. Mais l’eau est aussi un lieu hyper dangereux, qui peut vous noyer à tout moment, où il faut se maintenir à la surface. Ce livre, je l’ai littéralement écrit en apnée, justement. J’ai tout arrêté pour raconter cette histoire, en deux mois et demi, à faire 4 pages par jour, en couleurs. C’était un besoin. La fille dont il est question, je n’arrêtais pas de la dessiner, continuellement. Il fallait la sortir.

Vos livres « Elles » et « Le Goût du chlore» racontent tous deux des histoires de fascination, même si elles sont différentes...

Je ne peux travailler qu’à partir de ce qui me fascine et me prend la tête ! Là, j’ai un projet dans le milieu de la danse classique. Au départ, je souhaitais explorer la relation maître/élève. Puis j’ai vu des vidéos d’une danseuse russe incroyable, Polina Semionova… c’est là que j’ai décidé que l’histoire se passerait dans le milieu de la danse.

Quels sont vos autres projets? Les amoureux Step et Babi de votre blog vont-ils être édité?

Ah! Step et Babi ! Ces deux-là me rendent dingue. Je me suis inspiré des personnages d’un livre italien « Tre metri sopra il cielo », un peu l’équivalent de « La Boum ». Je compte bien un jour faire l’adaptation du bouquin ! Sinon, je vais sortir en mars « Dans mes yeux », chez Kstr, l’histoire d’un mec qui rencontre une fille (Encore !). Tout est au crayon de couleur et en caméra subjective, avec la fille qui parle directement au lecteur. En septembre, ce sera « A nos solitudes collectives », toujours chez Kstr sur une relation amicale, enfin, sur le mythe de la relation amicale entre fille et garçon. J’ai aussi trois albums avec Merwan Chabane à paraître chez Poisson Pilote (Dargaud)

Recueilli par Anne Kerloc’h

Adresse du blog de Bastien Vivès: http://bastienvives.blogspot.com/

La vidéo de Polina Semionova:

 
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