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01/02/2010

Lou y est !

Rencontre avec Julien Neel, le papa de Lou, qui s'est vu remettre le prix Jeunesse à l'occasion de la cérémonie d'ouverture du Festival d'Angoulême, pour le cinquième tome de la série. Un album salué donc par un jury de jeunes lecteurs, après le carton des quatre premiers (le tome 1 avait d'ailleurs déjà reçu cette récompense). Un cinquième album intitulé "Laser Ninja" parce que comme l'a écrit Julien sur son blog : "je me suis dit qu'à titre personnel, j'achèterai les yeux fermés un livre qui s'appellerait "Laser Ninja".

 

 

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10:31 Publié dans interview | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : lou, glenat, fauve

31/01/2010

Angoulême au cœur des contradictions du 9e art

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«C’est vraiment formidable!» Tout Ministre de la Culture qu’il soit, Frédéric Mitterrand n’a pas échappé aux banalités d’usage sur «Tintin et Spirou» pour dire tout son amour de la BD en visite aujourd'hui à Angoulême. Loin des clichés, la 37e édition du Festival International de la BD a, elle, révélé le visage de Janus du 9e art. Le Grand Prix de la Ville d’Angoulême est ainsi décerné à Baru qui, dans la grande tradition des auteurs de BD exigeants, se frotte à des sujets difficiles et à la recherche graphique. Aux antipodes de ce Grand Prix, le jury récompense l’humour potache de Riad Sattouf, avec le prix du meilleur album pour le troisième tome de Pascal. «Tout ça, c’est de la BD», commentait Blutch, alors président du festival pour quelques heures encore.

Ce grand écart est le cœur même du festival d’Angoulême qui, à nouveau cette année, a concilié succès populaire et exigence artistique. Parmi les nombreux visiteurs de passage sur les quatre jours, un bon nombre a ainsi acclamé, dans une cohue indescriptible… Alexandre Astier, le créateur et acteur de «Kamelott» venu signer une BD tirée de sa série télé. Les mêmes festivaliers qui se bousculaient pour une casquette en carton des Tuniques Bleues se sont pressés à l’expo Blutch, somptueuse preuve que la BD, quand elle est maîtrisée, est un art d’une force évocatrice bouleversante qui synthétise des siècles d‘histoire du dessin, de Rembrandt à Dali.

Le directeur artistique du festival, Benoît Mouchard, nous racontait pourtant que lors d’une réunion pour travailler à une expo, le directeur d’un grand musée parisien s’était exclamé : «J’adore la sous-culture!» Sans penser à mal sans doute. Marc-Antoine Mathieu, lauréat du prix de la critique pour Dieu en personne, préfère s’en amuser. Il estime «qu’à avoir été tellement dénigré, le monde de la BD a gagné en force et en classe. Les auteurs ont développé une inventivité et une énergie que les autres arts ont perdues.» Le mot de la fin revenant à un Frédéric Mitterrand décidément très inspiré : «Vive la BD!»

 

A Angoulême, Benjamin Chapon

Les blog BD ont leur talent

Les blogs BD fourmillent de talents. Depuis plusieurs années un prix récompense les meilleurs d'entre eux, qui gagnent outre une statuette dessinée par Lewis Trondheim le droit de publier un album chez Diantre ou Warum. Cette année, le jury a récompensé Lilla, pour son blog http://lillablog.over-blog.com/, ici sur la photo en compagnie de Lu-K, auteur de Coffee & Cigarettes, et Carlier, auteur de Carrément Carlier.

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Frédérik Peeters - "j'avais envie de faire un vrai travail de bande dessinée classique"

L'auteur de Pachyderme (et auparavant du très très beau Pillules bleues et de Lupus), revient sur son travail et nous parle de ses influences.

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11:59 Publié dans interview | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : peeters, gallimard

30/01/2010

La BD du soleil

BD_AFRICAINE_2.jpgBD_AFRICAINE.jpgMéconnue en occident, la bd africaine existe bel et bien. Un recueil s'en fait l'écho, qu'on peut se procurer sur le stand de Mr Saadi Chikhi (à l'entrée de la bulles New-York, celle des éditeurs indépendants). Édité l'an dernier - dans le cadre de la 2nde édition du Festival international de la BD d'alger (FIBDA) - par le ministère algérien de la culture , "La bande dessinée conte l'Afrique" compile les récits originaux de 67 auteurs issus de dix-huit pays africains (Algérie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centre-Arique, Gabon, Mali, Nigeria etc).
Si l'ensemble s'avère plutôt inégal, il témoigne de la vivacité du 9ème Art sur le continent africain ; mais il révèle surtout une BD finalement peu influencée par sa grande  - et vieille - soeur occidentale, et dont les thèmes principaux puisent dans les contes traditionnels pour mieux s'en affranchir. Le langage est libéré, et chaque récit exprime une poésie à la modernité rafraîchissante. Un vrai régal de lecture pour les plus curieux... et EL_BENDIR.jpgune bible pour d'éventuels éditeurs, chaque BD étant précédée d'une fiche très complète présentant son auteur.

Toujours sur le petit stand du fort sympathique Mr Chikhi, ambassadeur de la BD algérienne dont la verve et l'expertise forcent le respect, on trouve aussi les n°00 (collector !) et 01 de la revue algérienne de BD El Bendir. Ici, les auteurs sont essentiellement algériens (même si le gabonais Pahé ou le béninois Viode y jouent les "special guests"), et tous plutôt talentueux. Un vrai bon - et beau - mensuel de BD, bien ficelé... mais hélas seulement tiré à 3000 exemplaires et indisponible en europe. Les personnes intéressées par La bande dessinée conte l'Afrique et El Bendir peuvent toutefois tenter leur chance auprès des éditions Dalimen (voir contact ci-dessous).

- FIBDA > http://bdalger.net/index.html
- éd. DALIMEN > http://www.dalimen.com/index.html

29/01/2010

Recontre avec Joe Sacco (Gazza 1956)

gaza1956.gifInvité de la 37e édition du festival, le grand BD-reporter Joe Sacco crée l’événement cette année avec Gaza 1956, une enquête historique minutieuse sur le massacre oublié de plusieurs centaines de Palestiniens dans la bande de Gaza en novembre 1956, relatée dans une bande dessinée de 400 pages, et qui a nécessité 6 années de recherche. Rencontre avec l'auteur, journaliste de formation, et correspondant de guerre depuis de nombreuses années.

 

IMG_0164.JPGPourquoi ce choix d'un événement de 1956, alors que l'actualité est quotidienne au Moyen-Orient ?

La situation au Moyen-Orient est une série continue d'événement sans moment de recul. Les palestniens n'ont jamais eu l'occasion de digérer les différents episodes de leur histoire. Il s'agissait jutement de revenir sur  un incident, dans lesquelles toutes les générations peuvent se retrouver.

Capture d’écran 2010-01-29 à 15.00.11.png

Son point de vue sur l'affaire des caricatures de Mahommet.

Ces dessins n'étaient qu'une provocation, et je n'éprouve pas de réelle sympathie pour les auteurs, qui savaient qu'ils allaient choquer. Certes la réaction était diproportionnée dans le monde arabe. Il est simple d'avoir un sens de l'humour pour sa propre culture, surtout si vous ne vous sentez pas menacé. Ce n'est pas le cas des musulmans dans le monde, surtout depuis 9/11. Je pourrais dessiner Mohamed, mais ce serait dans un but précis, pas pour provoquer la communauté musulmanne.

A-t-il peur que ses propos et ses dessins soient détournés ?

C'est en effet très simple d'isoler une image et de lui donner n'importe quel sens. Mais c'est vrai des mots aussi qu'on peut isoler et sortir de leur contexte...

A propos de la relation faits / fiction : est ce que tout ce qu'il dessine et relate est vrai, ou y-a-t-il une part de fiction ?

Les lieux et gens sont ils vrais. Je ne maquille rien, les citations sont aussi precises que possible. Je n'utilise pas la fiction. Tous les personnages existent, toutes les citations sont justes ou presque. Et le dessin est un excellent moyen de représenter des vrais personnes qui ne veulent pas etre prises en photo.

Capture d’écran 2010-01-29 à 15.00.46.png

Comment fait il pour dessiner sur place ?

Je prends des photos, sur lesquelles je me base pour ensuite tout reconstruire, revenant même sur les lieux à froid pour compléter les prises de vue. le but c'est qu'une fois le dessin d'une rue terminé, quelqun qui y vivrait puisse dire, "ceci est la maison de untel, celle là d'un autre..."

Comment est-il reçu en Israel

Israel est un pays ou l'on peut lire plein de points de vue différent. Il existe bien un débat sur la question palestinienne dans les journaux. la plupart des interviews là bas se sont bien passé. Aux Etats Unis ce débat est beaucoup plus verrouillé. Et j'ai peu d'espoir dans l'adminstration Obama pour faire avancer la situation au Moyen-Orient

Faire une BD prend du temps... Quel est l'avantage de s'exprimer à travers ce média ?

la BD permet de tout recréer sans que cela ne coute rien, y compris la Palestine dans les années 1950. C'est simple de recréer une ambiance, donner du son à l'image, on peut mettre rendre l'impression de poussière. Dans un film dès que l'on reconstruit, cela coûte cher et créé de la fausseté. Et les mots ont leur limite pour représenter des lieux et des impressions.

Son point de vue sur la situation actuelle et la création d'un Etat Palestinien.

Il faudrait effectivement créer deux états avec la même configuration, sur la base des frontières de 1967 avec quelques aménagement. Cela ne satisferait bien sûr pas tout le monde... il serait important également de rendre justice aux refugiés, ignorés par les USA. Mais la porte se ferme de plus en plus, comme si la tendance etait de faire en sorte qu'un etat palestinien soit impossible, ce qui est de plus en plus vrai.

Gazza 1956, par Joe Sacco, est édité chez Futuropolis

15:19 Publié dans interview | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : joe sacco

 
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