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03/02/2009

«L’endroit où l’on peut être le plus relax possible»

Bastien Vivès, 24 ans «mais 25 ans en février!», a reçu dimanche le prix Essentiel Révélation au festival d’Angoulême pour «Le goût du chlore». Dans cette bande dessinée à la narration coulée, un adolescent rencontre une fille. Ou plutôt une image de fille, qui le submerge et lui échappe dans ses longueurs de bassin…

vives.jpgTentons un jeu de mot hasardeux. Dans «Le goût du chlore», le lecteur est comme en apnée dans l’histoire. C’était le but?

C’est un huis clos, dans ce monde particulier qu’est la piscine, l’élément aquatique. L’endroit où l’on peut être le plus relax possible. Oui, cela fait immédiatement penser au ventre maternel. Mais l’eau est aussi un lieu hyper dangereux, qui peut vous noyer à tout moment, où il faut se maintenir à la surface. Ce livre, je l’ai littéralement écrit en apnée, justement. J’ai tout arrêté pour raconter cette histoire, en deux mois et demi, à faire 4 pages par jour, en couleurs. C’était un besoin. La fille dont il est question, je n’arrêtais pas de la dessiner, continuellement. Il fallait la sortir.

Vos livres « Elles » et « Le Goût du chlore» racontent tous deux des histoires de fascination, même si elles sont différentes...

Je ne peux travailler qu’à partir de ce qui me fascine et me prend la tête ! Là, j’ai un projet dans le milieu de la danse classique. Au départ, je souhaitais explorer la relation maître/élève. Puis j’ai vu des vidéos d’une danseuse russe incroyable, Polina Semionova… c’est là que j’ai décidé que l’histoire se passerait dans le milieu de la danse.

Quels sont vos autres projets? Les amoureux Step et Babi de votre blog vont-ils être édité?

Ah! Step et Babi ! Ces deux-là me rendent dingue. Je me suis inspiré des personnages d’un livre italien « Tre metri sopra il cielo », un peu l’équivalent de « La Boum ». Je compte bien un jour faire l’adaptation du bouquin ! Sinon, je vais sortir en mars « Dans mes yeux », chez Kstr, l’histoire d’un mec qui rencontre une fille (Encore !). Tout est au crayon de couleur et en caméra subjective, avec la fille qui parle directement au lecteur. En septembre, ce sera « A nos solitudes collectives », toujours chez Kstr sur une relation amicale, enfin, sur le mythe de la relation amicale entre fille et garçon. J’ai aussi trois albums avec Merwan Chabane à paraître chez Poisson Pilote (Dargaud)

Recueilli par Anne Kerloc’h

Adresse du blog de Bastien Vivès: http://bastienvives.blogspot.com/

La vidéo de Polina Semionova:

02/02/2009

«Lisa Mandel, de la cour de récré à la cour des grands»

Connue pour ses séries Jeunesse (Nini Patalo, Eddy Milveux…), Lisa Mandel était en compétition pour le prix du Meilleur Album avec Esthétique et filatures (Kster). Ce polar sombre et « rock à fond », selon sa propre définition, est dessiné par Tanxxx.

lisamandel.jpgComment vivez-vous votre sélection en compétition officielle pour votre premier album à destination des adultes?

J’ai un autre statut maintenant. J’ai un peu l’impression d’être entrée dans la cour des grands. Avant, je souffrais surtout d’un manque de visibilité. J’estime que les BD jeunesse que j’ai faites s’adressaient aussi aux adultes. Mais le graphisme les rebutait, ils n’ouvraient même pas l’album.

Est-ce justement pour toucher les adultes que vous avez écrit Machin Bidule?

J’avais envie d’exprimer des choses qui auraient été vraiment trop trash dans un album pour enfants.

A-t-il été difficile de convaincre un éditeur de vous suivre dans cette voix?

J’étais cataloguée « petits machins rigolos ». Mais depuis quelque temps, je suis sorti du rayon jeunesse grâce à mon blog où j’abordais des thèmes différents. Avec cet album, j’ai atteint le statut d’auteur. Même s’il y a encore de l’absurde et du rigolo dedans.

Ce nouveau statut change votre façon de vivre le festival?

Ha ben, c’est sûr que France Culture n’allait pas m’interviewer pour Nini Patalo !

Avez-vous définitivement abandonné la BD Jeunesse?

Non, je ne peux pas. Je vais déjà travailler à l’adaptation de Nini Patalo en série d’animation. C’est une autre forme mais ça me passionne. Ensuite, je mettrai peut-être un peu de côté la jeunesse. Je voudrais me consacrer à un album d’humour adulte. Une sorte d’entre-deux. Parce que je ne l’ai jamais fait et que c’est pourtant ce qui me ressemble le plus.

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«De Gaulle est un personnage de BD exceptionnel»

De Gaulle à la plage est le succès BD le plus inattendu de l’année. On y voit le Général en goguette profiter de sa fameuse « traversée du désert » pour faire le point. Sous forme de strips en six cases, Jean-Yves Ferri distille son humour fin et absurde, poétique et moqueur.

ferri.jpgLe succès de votre album vous a-t-il surpris?

Boh, j’ai pas les chiffres. La maison d’édition dit que je suis un long-seller. C’est bien vous croyez?

Oui, sans doute. En plus, vous êtiez dans la sélection officielle du festival d’Angoulême.

Oui, ça m’a à la fois surpris et fait plaisir. Mais bon, on ne fait pas un album pour le rater. Alors si mes pairs l’apprécient, tant mieux. Je suis un auteur à la limite de deux genres, ni complètement underground ni grand public. Ce qui me touche, c’est de savoir que j’ai amené des gens qui ne lisent pas de BD à en lire grâce à cet album. Un prof d’histoire m’a dit qu’il se servait de l’album pour introduire son cours sur De Gaulle à ses élèves ! J’ai fait en sorte d’être lisible par tous, même par ceux qui ne connaissent pas les codes de la BD. Je fais du gag avec un personnage formidable. De Gaulle est un personnage de BD exceptionnel.

ferridedic.jpg

Le format strip en six cases est aussi très efficace.

J’en ai discuté avec Diego Aranega, qui fait aussi ça, et on pense que ce format, très à la mode dans les années 1960, va revenir en force. Je me suis fait la main avec les albums Retour à la Terre (dessinés par Manu Larcenet, ndlr) qui avaient le même format.

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01/02/2009

Franck Bondoux : "Le festival ne connait pas la crise"

Satisfecit au sein de la direction du Festival, au moment de faire un premier bilan ce dimanche, avant la remise des prix. Dans un contexte de crise, Franck Bondoux, délégué général à l'organisation du FIBD et Francis Groux, président de l'Association du Festival de la BD d'Angoulême se félicitent de la façon dont les 4 jours se sont déroulés.

La première journée du Festival, jeudi, n'a pas été sévèrement impactée par les grèves, et la manifestation qui a traversé la ville s'est montrée "responsable" et n'a pas perturbé l'événement. L'affluence de la journée de vendredi a été équivalente à l'an passé et la journée de samedi pourrait être la plus grosse journée de l'histoire du Festival. On saura demain si le FIBD a battu ses records, signe que la culture ne pâtit pas de la crise. D'autant que les ventes des éditeurs sur place ne semblent pas avoir diminuées.

 
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